Conférences
De l'origine du magnétisme solaire à la météo de l'espace par Sacha BRUN
Le Soleil est l’étoile la plus proche de la Terre et il est bien plus mystérieux qu’il n’y parait ! Ce...
Le Soleil est l’étoile la plus proche de la Terre et il est bien plus mystérieux qu’il n’y parait ! Ce n’est pas un disque jaune immuable. Au contraire c’est une boule de gaz très chaud, turbulent, magnétique, qui éjecte en continu de la matière et dont l’activité intense est modulée d’un cycle de 11 ans environ. Ses colères peuvent avoir de vraies conséquences sur la Terre qui baigne dans son atmosphère Comprendre le fonctionnement du couple Soleil-Terre et les conséquences des fureurs solaires sur notre société technologique est un enjeu majeur du XXIème siècle qui porte le nom de: Météorologie de l’Espace. Cette conférence présentera les dernières avancées scientifiques, sur le Soleil, son interaction avec notre planète et ce que l’on peut faire pour prévoir et anticiper les tempêtes solaires.
Astrophysicien, Sacha BRUN est directeur de recherche au CEA et expert du Soleil, des étoiles et de leur influence sur les (exo)-planètes ainsi qu'en calculs haute performance (HPC) sur ordinateurs massivement parallèles. Il a développé le groupe de recherche Laboratoire Dynamique des étoiles, des exoplanètes et de leur environnement, où lui et son équipe tentent de comprendre la météorologie de l’espace et comment celle-ci s’étend aux autres systèmes exo-planétaires. Il est membre de nombreux comités scientifiques nationaux et internationaux en astrophysique et HPC et a encadré plus de 20 thèses et autant de postdocs.
La recherche de vie extraterrestre par Frédéric FOUCHER
La détection d’une vie extraterrestre constituerait l’une des découvertes les plus importantes de...
La détection d’une vie extraterrestre constituerait l’une des découvertes les plus importantes de l’humanité. Néanmoins, en plus de cent ans de recherches intensives, rien n’a encore été détecté. Cette absence de détection ne signifie pas nécessairement que nous sommes seuls dans l’univers mais met plutôt en lumière les limites de nos méthodes d'exploration au regard de l'immensité de l'univers. En effet, si le nombre d’astres potentiellement habités, et donc la probabilité de trouver une forme de vie évoluée, augmente avec la distance par rapport à la Terre, dans le même temps, l’éventail des méthodes de détection diminue rapidement. Cette compétition entre la probabilité d'une vie extraterrestre et sa détectabilité constitue le principal défi de l'exobiologie.
Frédéric Foucher est physicien, ingénieur de recherche CNRS au laboratoire Conditions Extrêmes et Matériaux : Haute Température et Irradiation (CEMHTI) d’Orléans où il travaille sur l’accélérateur d’ions légers Pelletron. Il est spécialiste des biosignatures et étudie notamment leur dégradation en conditions martiennes et leur détection par spectroscopie Raman. Il est également membre de l’équipe scientifique de la mission ExoMars.
MMX : A la recherche de l'origine des lunes de Mars par Tanguy BERTRAND
Alors que la Terre possède une unique grande Lune, Mars est accompagnée de deux petits satellites, Phobos...
Alors que la Terre possède une unique grande Lune, Mars est accompagnée de deux petits satellites, Phobos et Déimos. Comment expliquer une telle différence ? L’origine de ces lunes demeure un mystère. Sont elles des astéroïdes capturés ou se sont-elles formées à partir de débris issus d'un impact géant sur Mars? La mission japonaise Martian Moons eXploration (MMX), dont le décollage est prévu en automne 2026, ambitionne de lever une partie du voile en rapportant sur Terre, vers 2031, quelques dizaines de grammes de matériaux prélevés à la surface de Phobos. La sonde offrira également une nouvelle perspective d’observation de la surface et de l’atmosphère martiennes, ainsi qu’une cartographie détaillée de la surface et de la composition de Phobos et Deimos. Un module d'atterrissage (Idefix) explorera directement la surface de Phobos pour préparer l'opération de prélèvement. MMX est donc à la fois une mission d'échantillonnage, une mission d'exploration des satellites de Mars et une mission scientifique martienne, ce qui lui donnera, on l’espère, un retour scientifique exceptionnel.
Tanguy Bertrand est astronome au Laboratoire d’Instrumentation et de Recherches en Astrophysique (LIRA) à l’Observatoire de Paris-PSL et est également affilié au Laboratoire de Planétologie et Géosciences (LPG) à l’Université de Nantes. Ses recherches portent sur l’étude des surfaces et des atmosphères du Système solaire.
Einstein Telescope, repousser les limites de la détection des ondes gravitationnelles par Angélique LARTAUX
Depuis la première observation directe des ondes gravitationnelles en 2015, plusieurs centaines...
Depuis la première observation directe des ondes gravitationnelles en 2015, plusieurs centaines d'événements astronomiques ont été observés avec les détecteurs au sol dont Advanced Virgo en Italie. La communauté européenne s'organise dès maintenant pour préparer le futur détecteur européen d'ondes gravitationnelles Einstein Telescope qui permettra d'observer des événements astronomiques plus lointains, moins intenses et éventuellement nouveaux. Quelles sont les précisions requises ? Comment les atteindre ? Que pourrons-nous observer ? Autant de questions auxquelles cette conférence essaiera de répondre.
Après une thèse sur la réduction du bruit quantique dans le détecteur d'ondes gravitationnelles Advanced Virgo soutenue en 2020, Angélique Lartaux a commencé à s'intéresser au futur détecteur Einstein Telescope. Elle fait partie de la collaboration depuis sa formation officielle en 2022 et en est porte-parole adjointe depuis 2026.
Le groupe local de galaxies et la matière sombre: les surprises de Gaia. par François HAMMER
Grace au satellite européen Gaia il est possible maintenant de faire un inventaire précis de la...
Grace au satellite européen Gaia il est possible maintenant de faire un inventaire précis de la matière sombre dans les galaxies les plus proches de nous, celles du Groupe local. Celui-ci est peuplé de deux grandes galaxies spirales celle d'Andromède, et notre galaxie, la Voie Lactée, ainsi que de nombreuses galaxies naines bien plus petites. La dynamique des deux grandes galaxies nécessite une quantité de matière sombre bien moindre que ce qui était prévu par les modèles cosmologiques. Ces derniers prédisaient que les galaxies naines sont extrêmement dominées par la matière sombre, alors que leurs propriétés s'expliquent bien mieux s'il n'y en avait pas ou très peu. Je discuterais les conséquences de ces découvertes en cosmologie.
Astrophysicien à l’Observatoire de Paris – PSL, François Hammer est un expert reconnu pour ses découvertes sur les lentilles gravitationnelles, la cosmologie, et la matière sombre dans le Groupe local. Il a en particulier mis en évidence le scénario hiérarchique de formation des galaxies, travaillé sur un modèle précis de la formation de la galaxie d'Andromède et du grand courant Magellanique, découvert le déclin képlérien de la courbe de rotation de notre Galaxie, et l'arrivée tardive des galaxies naines du halo Galactique.
Vivant sans frontière par Karim BENZERARA
Nous opposons souvent le minéral et le vivant. Pourtant, d’innombrables organismes façonnent des...
Nous opposons souvent le minéral et le vivant. Pourtant, d’innombrables organismes façonnent des structures minérales vitales, tandis que le vivant influence profondément la géologie et la chimie terrestres. Comprendre cette coévolution est aujourd'hui indispensable pour décoder les origines de la vie et guider nos recherches de biosignatures extraterrestres.
Karim Benzerara est directeur de recherche au CNRS et travaille à l'institut de Minéralogie, Physique des Matériaux et Cosmochimie à Sorbonne Université et au Museum National d'Histoire Naturelle. Il est aussi chercheur associé au synchrotron SOLEIL. Agrégé en sciences de la vie et de la Terre, docteur en géochimie de l'institut de Physique du globe de Paris, il est géomicrobiologiste et s'intéresse aux interactions entre le minéral et le vivant.
L’exploration du système solaire à la recherche de mondes habitables par Athéna COUSTENIS
Mars, Europe, Ganymède, Titan, Encelade... La recherche de la vie extraterrestre ne se limite plus...
Mars, Europe, Ganymède, Titan, Encelade... La recherche de la vie extraterrestre ne se limite plus dans le système solaire interne. Si la plupart des missions spatiales s'activent sur Mars pour décoder son passé, les recherches se tournent aussi vers les lunes glacées de Jupiter et Saturne. Sous leur surface glacée se cachent de vastes océans souterrains qui abritent potentiellement des conditions favorables à l’apparition de la vie. De plus, Titan et Encelade manifestent des signes d’une chimie organique complexe...Des missions martiennes aux sondes JUICE, Europa Clipper et au drone Dragonfly, cette conférence explore la recherche des environnements habitables dans le Système solaire et en analyse les découvertes à la lumière des connaissances actuelles en astrobiologie et en astrophysique.
Athéna Coustenis est directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), basée au LIRA, à l'Observatoire de Paris. Astrophysicienne spécialisée en exploration spatiale et en sciences planétaires, ses recherches portent sur l'étude des atmosphères et des surfaces planétaires, notamment sur les conditions d'habitabilité des objets du Système solaire et des exoplanètes. Elle participe à la définition, au développement et à l'exploitation de missions spatiales telles que JUICE et ARIEL de l'ESA vers le système jovien et l'étude des exoplanètes, et MMX de la JAXA vers Phobos, satellite de Mars.
Décrire l'évolution des galaxies avec la physique statistique par Jean-Baptiste FOUVRY
Une galaxie, comme la Voie Lactée, possède trois grandes propriétés dynamiques : (i) elle est...
Une galaxie, comme la Voie Lactée, possède trois grandes propriétés dynamiques : (i) elle est constituée d'un nombre fini d'étoiles ; (ii) son évolution est gouvernée par la gravitation (une force à longue portée qui ne peut être stoppée) ; (iii) la Voie Lactée est "susceptible" (comme un tambour, elle répond aux perturbations cosmiques). De telles propriétés empêchent de connaître parfaitement la position de toutes les étoiles tout le long des 10 milliards d'années de son existence. Par exemple, que se serait-il passé si le Soleil était né ailleurs dans la Voie Lactée ? Si cette dernière avait été constituée de dix fois moins d'étoiles ? Ou encore si le halo de matière noire la contenant avait été dix fois plus lourd ? Cette présentation aura pour objectif d'illustrer comment des méthodes issues de la physique statistique permettent d'éclairer la richesse des processus dynamiques qui se tiennent au sein des galaxies.
Jean-Baptiste Fouvry est chargé de recherches CNRS à l'Institut d'Astrophysique de Paris depuis 2019. Ses recherches portent sur la description de l'évolution à long terme des systèmes stellaires, en particulier la dynamique des étoiles dans les galaxies spirales et autour d'un trou noir supermassif.
Le principe anthropique par Daniel KUNTH
Ce principe, qui d’ailleurs n’en est pas vraiment un, divise la communauté scientifique depuis...
Ce principe, qui d’ailleurs n’en est pas vraiment un, divise la communauté scientifique depuis fort longtemps. La question est simple: pourquoi sommes nous là? Sommes nous les enfants désirés de l’Univers ou dit autrement, l’univers est-il particulièrement organisé pour que la vie appariasse tôt ou tard? De toute évidence, la question trouve une réponse positive sur Terre. Nul ne peut le nier. Mais s’agit-il d’une série de coïncidences toutes presqu'improbables, ou plutôt de tant de coïncidences que certains imaginent qu’une intention est à l’œuvre? Pour contourner les obstacles qui mènent immédiatement vers la métaphysique peut on aborder la question d’un point de vue astrophysique, et biologique? Qu’en est il de l’accélération de l’univers, de l’intensité des forces de la nature, du rôle stabilisateur joué par la lune, de la nature même du soleil etc…?… Sommes nous uniques ou devons nous penser que la nature aime se répéter et que la vie existe partout ailleurs dans la cosmos? Ces questions seront abordées durant la conférence.
Daniel Kunth est chercheur à l’Institut d’astrophysique de Paris. Il a travaillé sur la physique des galaxies et leur formation d’étoiles. Il poursuit des travaux sur les supernovæ et leurs galaxies hôtes. Il est très impliqué dans la diffusion des connaissances vers le grand public ayant par exemple organisé les conférences de l’Institut d’Astrophysique de Paris et initié « La nuit des étoiles » au niveau national. Il est l'auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation dont « Les mots du ciel » et « L'astrologie est-elle une imposture ? » (CNRS éditions).